Edito. Frontières numériques

Il semble que l’Union européenne souhaite franchir un nouveau cap dans la gestion de ses frontières. Mercredi, les 27 ont trouvé un accord pour le lancement progressif d’un contrôle automatisé aux frontières, lequel doit remplacer à terme le tampon manuel sur les passeports.
Objectif annoncé : un contrôle plus efficace, plus sécurisé et surtout plus objectif. Mais est-ce aussi évident ? Certes, un tel système, basé sur la biométrie et l’enregistrement numérique des données, vise à rendre le processus plus uniforme et à l’automatiser, réduisant les risques de discrimination ou d’interprétation humaine.
Cependant, cette automatisation soulève aussi des inquiétudes. Certains pays, comme le Royaume-Uni, ont déjà exprimé leurs craintes face à d’éventuels allongements des files d’attente et des blocages techniques dans les gares et aéroports.
D’autre part, reste aussi l’enjeu posé par la data : il faudra garantir que les informations collectées ne deviennent pas un outil de sélection ou de restriction disproportionnée des entrées sur le territoire européen. D’ici à ce qu’un accord définitif soit trouvé – le lancement de ce nouveau système étant prévu avant la fin de l’année –, les pays tiers ont tout intérêt à anticiper ses impacts.
Notons que les voyageurs marocains sont parmi les plus nombreux à se rendre en Europe, que ce soit pour le tourisme, les affaires ou les études.
Négocier un aménagement spécifique pour ses ressortissants, ou faire confiance au système en espérant qu’il puisse efficacement améliorer l’expérience des voyageurs ? Ce qui est certain, c’est que cette modernisation des frontières devra absolument rimer avec équité et fluidité. La mobilité est l’un des volets clés de la coopération.
Meriem Allam / Les Inspirations ÉCO