Figure longtemps méconnue, Martha Desrumaux fut pourtant, en 1945, l’une des premières femmes parlementaires de l’histoire de la République. Ouvrière à peine sortie de l’enfance, syndicaliste, organisatrice de grandes grèves, féministe dès les années 1920, résistante, elle fut une remarquable actrice du mouvement ouvrier.

©️ Les Ami.e.s de Martha Desrumaux
ll était une fois, mieux qu’une princesse, une militante ouvrière féministe, Martha Desrumaux. Née le 18 octobre 1897 à Comines (Nord), Martha aurait dû être une simple ouvrière. Mais elle a voulu changer le monde !
Toute sa vie elle reste attachée à son département de naissance. En 1971, pour des raisons de santé, elle s’installe à Évenos près de Toulon, dans le Var. Sa vie est marquée par ses divers engagements, sa volonté inébranlable d’émancipation des ouvrières.
Août 1906, un drame : son père, pompier volontaire, meurt écrasé par une lourde pompe à eau. Florimond, licencié de l’usine à gaz, était vu comme « un citoyen, un républicain ». Ces mots avaient du sens dans une France marquée par les combats laïques. Ses sœurs travaillent dans les ateliers textiles, où les salaires sont très faibles. Très vite, Martha est placée comme « bonne à tout faire » chez des bourgeois près de Lille. Quelques mois plus tard, ne sachant ni lire ni écrire, elle s’en enfuit et parvient à rejoindre Comines. De cette expérience, Martha retient la violence des relations entre maîtres et employés, le manque d’entraide, de solidarité entre domestiques.
À 11 ans, malgré la loi scolaire, Martha travaille en usine comme varouleuse (elle change les
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