La chronique de Pierre Serna

Les responsables

Aujourd’hui Trump et Vance ne sont pas des hommes membres d’un parti républicain conservateur ou proches d’un extrême centre qui avancent masqués, pour mieux asseoir leur hégémonie sur le pouvoir exécutif. Désormais, les États-Unis sont entrés dans l’ère de ce qu’il faut bien nommer un fascisme américain, xénophobe, liberticide, fondé sur la philosophie de la négation du droit international, et un prétendu darwinisme social, économique, politique et diplomatique faisant de la raison du plus fort la base des règles qui doivent régler les affaires du monde, éloignant chaque jour leur pays des règles démocratiques essentielles. Trump est un révolutionnaire de droite américain. Cela implique qu’il est capable de changer le monde, en reniant tout un pan de l’histoire américaine. De transformer la planète en union des dictateurs contre les démocraties, dans une sorte d’entente tacite entre Russie et États-Unis (que fera la Chine ?), pour se partager le globe ou du moins pour étouffer les pays qui ont décidé de vivre dans la liberté et la défense des droits des oppositions.

Trump et ses complices livrent une lutte à mort contre la conception solidaire et sociale de la république. Ces principes constituent encore des pôles de résistance que les gauches démocratiques et républicaines européennes incarnent, en découvrant les règles de la résistance à adopter désormais face au fascisme américain et intra-européen. Un nouveau temps s’impose à nous dans l’urgence absolue de la situation, comme dans une époque révolutionnaire, où une semaine vaut une année d’une vie normale. Notre monde est devenu anormal avec un renversement de valeurs qui va recomposer les lignes politiques, où l’agresseur est innocenté et l’agressé présenté comme l’agresseur.

Un vulgaire guet-apens a été tendu à Zelensky dans le bureau de la Maison-Blanche devant les caméras du monde entier. Les deux complices ont décidé d’humilier le président ukrainien, qui a refusé de plier l’échine devant les deux suprémacistes se comportant comme de grossiers personnages, responsables d’un chaos à venir. Il ne s’agit nullement de défendre d’une quelconque façon une guerre qui s’enlise et que la Russie, malgré sa puissance de feu, ne parvient pas à gagner. Il s’agit de défendre la paix en Europe, et si l’Ukraine doit perdre des territoires, de lui garantir sa sécurité qui devient la nôtre désormais, en tant que femmes et hommes de gauche, libres et guidés par les idéaux des Lumières mis en révolution en 1789 puis combattus par les tyrans de l’époque : des États-Unis, abandonnant la Révolution française, au profit de leurs affaires avec « les tyrans des mers » de l’époque, l’Angleterre, refusant la liberté républicaine française. Sinon, nous resterons les observateurs passifs d’un statocide ukrainien de la part de la Russie avec la bénédiction des États-Unis, l’Europe impuissante à réagir et à défendre sa vision du futur face au régime totalitaire poutinien et face au fascisme trumpien.

Il s’agit de refuser tout défaitisme devant une prétendue inéluctabilité du fait accompli, et de ne pas céder pour autant, à tout « va-t-en-guerrisme » au nom d’intérêts qui nieraient ceux des peuples européens. En 1793, il semblait impossible à la France de gagner face à la coalition des rois qui s’étaient ligués contre la patrie. En 1940, des milliers de communistes sont entrés dans la Résistance, non pour obéir au général de Gaulle, mais parce que l’évidence s’imposait à eux de lutter contre le fascisme. Des centaines de milliers de Français ont refusé de subir l’histoire écrite d’avance, en 1793, en 1940. Ils l’ont construite car pour eux il s’agissait « de vivre libre ou de mourir ». Face aux responsables néfastes que sont Trump, son vice-président et leur clique fasciste, que ferons-nous aujourd’hui ?

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