Parmi les nombreuses pommes de discorde entre les deux pays du Maghreb, il en est une qui reste sous les radars : celle des gazoducs. Deux projets similaires pour relier le principal producteur africain, le Nigeria, à l’Europe. Mais surtout deux tracés et deux logiques très différentes.

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Dans la litanie des griefs opposant les deux nations du Maghreb, certains sont plus récents que d’autres. Il y a, bien sûr, le contentieux à propos du Sahara occidental : tandis qu’Alger protège et soutient les indépendantistes du Front Polisario, le Maroc n’a de cesse d’affirmer sa souveraineté sur le territoire. Il y a aussi l’opposition diplomatique et géostratégique : l’Algérie, qui se veut l’héritière des mouvements de décolonisation, est aujourd’hui proche des nations du Sud global, tandis que le Maroc joue la carte des bonnes relations avec l’Occident, États-Unis et Europe, et Israël, avec qui il a signé les accords d’Abraham et coopère dans de nombreux domaines.
Mais il est un secteur qui donne une nouvelle occasion aux « frères ennemis » d’affirmer leur rivalité : celui du gaz, et plus précisément de son acheminement vers l’Europe, depuis le Nigeria, premier pays producteur africain. Or, avec la nouvelle donne géostratégique, et notamment la...