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S’installer comme franchisé au Canada, est-ce possible?

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Le Canada compte quelque 1200 réseaux de franchise et le seul Québec plus de 780, avec 25.450 points de vente.
Le Canada compte quelque 1200 réseaux de franchise et le seul Québec plus de 780, avec 25.450 points de vente. Mocsonoky Peter / anderm - stock.adobe.com

Comme en France, les franchiseurs canadiens sélectionnent les candidats sur leurs ambitions personnelles et professionnelles pour s’assurer de la pérennité de leur projet.

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À en croire Xavier Chambon, « le Canada  est une terre de franchises, mais ce n’est pas l’eldorado». L’homme est un fin connaisseur de la culture du pays. Président du conseil d’administration du Conseil québécois de la franchise (CQF) et fondateur de la société d’accompagnement Classe affaires, il s’est installé au Canada avec sa famille en 2007 après avoir mené une première carrière en France. Il a testé outre-Atlantique de nouveaux marchés, différents métiers, ouvert des magasins, avant de se lancer dans le conseil pour les entrepreneurs venus s’installer outre-Atlantique.

Le Canada compte quelque 1200 réseaux de franchise et le seul Québec plus de 780, avec 25.450 points de vente, pour des retombées économiques d’environ 90 milliards de dollars canadiens (soit 60 milliards d’euros). « Ce modèle enregistre une croissance de 6,5% par an et génère 351.000 emplois pour la province de Québec. Beaucoup de commerces - comme les pharmacies, les concessions automobiles - se sont lancés en franchise au Canada. Les opportunités de reprise et de fin de contrat, notamment, sont plethore », souligne Xavier Chambon.

Comme en France, les franchiseurs canadiens sélectionnent les candidats sur leurs ambitions personnelles et professionnelles pour s’assurer de la pérennité de leur projet. « Ils recherchent des personnes qui s’investiront dans leur commerce et resteront. Des franchiseurs demandent une expérience préalable sur le sol canadien de deux ans », rapporte Xavier Chambon.

L’immigration des francophones pourrait être la clé pour contrer la baisse des entrepreneurs locaux et soutenir la croissance économique, mais il n’est pas pour autant aisé de s’implanter au Canada. « Un franchisé français peut tout à fait devenir franchisé d’une enseigne française au Canada ou d’une enseigne locale, à condition de bien penser sa stratégie d’immigration. Les conditions d’entrée au Canada se sont resserrées ces derniers mois. Après la pandémie, il y a eu de nombreuses entrées temporaires pour pallier la pénurie de main-d’œuvre », explique constate Xavier Chambon.

Nombreuses garanties

Depuis le 1er janvier 2024, le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (Mifi) du gouvernement du Québec a mis en place un nouveau processus pour favoriser l’entrepreneuriat francophone. Pour ceux qui remplissent les conditions d’entrée, le visa obtenu permet d’avoir le droit de résider de manière permanente au Canada (c’est une décision relevant du gouvernement fédéral). Outre l’âge (18 ans minimum), un niveau de scolarité au moins équivalent à celui de la classe de seconde Française, les capacités financières du requérant sont un critère important.

Un candidat à la franchise doit avoir une assise financière de 600.000 dollars canadiens et investir 300.000 dollars dans le cadre d’une reprise d’entreprise dans le grand Montréal. Les institutions financières demandent par ailleurs de nombreuses garanties. «Pour un emprunt de 100.000 dollars canadiens, l’apport sera de 35% à 50%, selon le secteur d’activité et le profil financier. L’emprunt sera garanti sur des biens personnels ou des actifs du commerce», rappelle Xavier Chambon.

Caroline Joly, franchisée Carré d’artistes avec son mari depuis juin 2023, est installée à Montréal depuis 2019. Elle n’a jamais pu compter sur les banques. « Il faut être capable de s’autofinancer. Nous n’avons pas réussi à obtenir de prêt des banques. Les galeries d’art sont considérées comme une activité risquée », rapporte la franchisée de 55 ans.

Enfin, plus encore qu’en France, le futur franchisé doit veiller à réaliser une étude de marché cohérente en se reposant sur des chiffres concrets afin d’évaluer la rentabilité d’un concept. « Les franchiseurs, au Québec, n’ont pas d’obligation de transmettre un certain nombre d’informations sur l’enseigne. Il est donc impératif pour un franchisé de vérifier ces éléments car cela reste du déclaratif. Il n’existe pas au Canada d’équivalent d’Infogreffe pour vérifier le chiffre d’affaires et le taux de croissance d’un point de vente», explique Xavier Chambon.

Avant de signer son contrat, Caroline Joly a demandé conseil à un avocat. C’est essentiel pour ne pas commettre d’erreur dans les démarches administratives et la négociation des termes du bail. « Il est impératif de faire enregistrer et de publier le bail commercial au Registre foncier du Québec dès sa signature, afin que le propriétaire ne vous mette pas à la porte du jour au lendemain », explique Caroline Joly. Elle loue un local de 120 m2 pour un loyer mensuel de plus de 8000 dollars canadiens.

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