La question du rapatriement des ressortissants algériens faisant l’objet de mesures d’éloignement demeure un point d’achoppement majeur entre Paris et Alger. Cette problématique s’enracine dans une longue histoire de contentieux migratoires où les nations maghrébines ont fréquemment utilisé la réadmission de leurs citoyens comme monnaie d’échange diplomatique. Au fil des années, les gouvernements d’Afrique du Nord ont développé des stratégies variées face aux demandes européennes concernant leurs ressortissants en situation irrégulière, transformant ce qui pourrait relever de simples procédures administratives en véritables enjeux de politique internationale. Les récentes tensions, amplifiées notamment par l’affaire de l’écrivain Boualem Sansal, ont ravivé ces frictions historiques.
Une stratégie de refus qui s’intensifie
Depuis janvier, l’Algérie a renvoyé vers la France une vingtaine d’individus pourtant expulsés du territoire français, créant une impasse administrative et sécuritaire. Cette tendance s’est accélérée ces dernières semaines avec plusieurs cas emblématiques révélés par Le Figaro ce 11 mars.
Ces refus systématiques obligent les autorités françaises à replacer dans leurs centres de rétention des personnes initialement jugées indésirables sur le territoire national. Une situation particulièrement préoccupante lorsque certains profils présentent des antécédents judiciaires ou figurent sur des listes de surveillance.
La semaine dernière déjà, deux ressortissants connus de la justice française avaient été refoulés par Alger après leur expulsion, dont un sortant directement de prison. Cette accumulation de cas identiques suggère une position délibérée des autorités algériennes plutôt que des incidents isolés.
Des profils variés confrontés au même refus
Les récents cas de refoulement concernent des individus aux parcours différents. D’après les informations obtenues par Le Figaro, certains sont fichés pour des questions de sécurité tandis que d’autres font simplement l’objet de mesures d’éloignement administratives.
Le point commun de ces situations : malgré la possession de documents d’identité algériens valides, ces ressortissants se voient systématiquement refuser l’entrée dans leur pays d’origine. Les autorités algériennes invoquent des motifs administratifs contestables, comme l’absence de certaines formalités consulaires, alors que la présentation d’un passeport en cours de validité devrait normalement suffire à garantir leur réadmission.
Cette politique de rejet délibéré crée une situation complexe pour la France, qui doit gérer le retour inattendu de personnes déjà soumises à des procédures d’expulsion abouties. Les centres de rétention français se retrouvent ainsi à accueillir de nouveau des individus dont le départ avait été organisé et financé, ajoutant une dimension économique à ce qui constitue déjà un épineux problème diplomatique dans des relations bilatérales déjà tendues.
Source: https://lanouvelletribune.info/