Il y a des hasards de calendrier bien heureux, d’autres qui le sont moins. Ainsi, la concomitance cette année du mois de Ramadan avec la date du 8 mars, n’est pas la meilleure configuration pour focaliser l’attention sur la Journée internationale des droits des femmes.
Un peu comme dans le code de la route, la grande rue l’emporte sur la petite, d’autant que dans ce cas, il n’y a pas photo. À défaut donc d’être le focus de l’actualité tous azimuts, le 8 mars devra se faire une petite place entre les dattes et chebakia.
Et, pour certains, ce n’est pas plus mal, tant cette date est devenue un marronnier commercial pour les marketeurs à coups de cartes de fidélité dédiées aux femmes et de réductions en pagaille, du spa au chocolatier.
Dans le fond, tout cela est anecdotique, et fort heureusement, l’avenir des droits des femmes marocaines ne se joue pas en une journée, Ramadan ou pas.
Et, si pour de nombreux analystes, la cause féminine a perdu de sa fougue et de son engagement ces derniers temps, la réforme en cours de la Moudawana est le réel diapason de l’évolution concrète du statut des femmes au Maroc.
Cette réforme est cruciale, 20 ans après la précédente, parce que les mœurs sociétales bougent, malgré toutes les réticences, et cela crée de nouvelles réalités dans les rapports entre les hommes et les femmes, que la loi doit encadrer de manière plus juste.
De même, la contribution et l’inclusion économiques de la femme marocaine sont des sujets majeurs dans le cadre du développement que connaît notre pays.
Avec les ambitions affichées du Royaume et sa projection dans l’avenir, la moitié de la population ne saurait être marginalisée par des justifications passéistes.
C’est justement ce regard sur l’avenir qui nous a paru pertinent comme fil rouge de notre édition annuelle traditionnellement dédiée au 8 mars.
À travers une série d’entretiens, ce numéro spécial se veut une tribune d’inspiration et de réflexion, plaçant la femme au cœur des grandes questions sociétales, mais aussi des débats stratégiques pour le Maroc de demain.
Les femmes que nous avons rencontrées, issues de divers horizons – philosophe, ministre, femme politique, militante, chercheuse, ou à la tête d’une grande institution – partagent leur vision d’un Maroc résilient, inclusif et innovant.
Et, à travers chaque témoignage, se dessine une évocation personnelle et professionnelle du visage qu’elles souhaitent voir émerger pour notre pays.
Nadia Tazi interroge la place des femmes dans la société en mettant en lumière les mécanismes de domination et les défis de l’émancipation. Nadia Fettah met en perspective les réformes économiques majeures et souligne que l’inclusion des femmes est un moteur essentiel du développement national. Mbarka Bouaida témoigne du potentiel transformateur de la régionalisation et milite pour un leadership féminin plus affirmé au niveau local. Charafat Afailal alerte sur l’urgence de la gestion des ressources en eau et l’importance d’une gouvernance durable face aux défis climatiques. Nawal Chraibi illustre comment la recherche et l’innovation technologique peuvent positionner le Maroc comme un acteur de la souveraineté scientifique. Ouafae Mriouah défend le rôle stratégique de la réassurance pour garantir la stabilité financière et économique du pays. Basma Khayat insiste sur l’importance d’un système de retraite solide et inclusif, garant de justice sociale et de protection pour les générations futures.
Vous l’aurez compris, à travers ces échanges, il ne s’agit pas simplement de savoir ce que les femmes veulent pour les femmes, mais bel et bien d’évaluer à sa juste valeur leur contribution à l’édification du Maroc de demain.
Un jus de femmes « détox » plein d’optimisme et de bienveillance, à consommer sans modération, même à jeun !
Zouhair Yata
Retrouvez le sommaire de notre spécial 8 mars en cliquant sur ce lien.
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