Un nouvel espoir pour les barrages, les pâturages et les emblavements agricoles

Les quantités de pluies recueillies tout au long de cette dernière décade du mois de mars 2025, ayant revêtu un caractère volumétrique important et généralisé au niveau des différentes localités de la région Béni Mellal-Khénifra, ainsi que les chutes de neige sur les hauteurs de cette région, redonnent espoir et un nouveau souffle d’optimisme au […]

Un nouvel espoir pour les barrages,  les pâturages et les emblavements agricoles
   aujourdhui.ma
Les quantités de pluies recueillies tout au long de cette dernière décade du mois de mars 2025, ayant revêtu un caractère volumétrique important et généralisé au niveau des différentes localités de la région Béni Mellal-Khénifra, ainsi que les chutes de neige sur les hauteurs de cette région, redonnent espoir et un nouveau souffle d’optimisme au secteur agricole dans toutes ses dimensions, notamment pour les cultures de printemps, la betterave sucrière, l’arboriculture fruitière, les espaces pastoraux, sans oublier l’amélioration des réserves hydriques aussi bien superficielles que souterraines. Certes, toute pluie représente une opportunité pour la régénération des réserves en eau, le soutien des cultures en place, l’encouragement des nouveaux emblavements et surtout le soulagement des producteurs… C’est pourquoi il est judicieux de s’interroger si ces récentes pluies et chutes de neige auront un impact significatif sur l’agriculture régionale, et dans quelles mesures elles pourront atténuer les séquelles des saisons précédentes réputées sèches ? A vrai dire, nul ne peut ignorer l’impact positif de ces précipitations sur l’agriculture, en particulier les cultures en pleine croissance ainsi que les nouvelles réalisations du maraîchage, des légumineuses et des fourrages, qui tireront pleinement profit de l’humidité conservée dans les sols, tout en espérant que cette dynamique se poursuive par le maintien de ces conditions climatiques précieuses dans les semaines à venir et précisément en avril, ce qui renforcerait davantage les cultures. Grâce à ces précipitations, les agriculteurs peuvent désormais diminuer les recours à l’irrigation, dans un contexte où l’eau se fait de plus en plus rare. Ces importantes quantités de pluies et de neige sont également bénéfiques aux cultures pérennes pratiquées au niveau de la région, telles que les oliviers, les agrumes et les rosacées, en raison de l’humectation de la zone racinaire, ce qui favorisera une meilleure floraison et un calibre plus important des fruits avec une bonne qualité marchande. Un soulagement également pour l’élevage et les parcours pastoraux se fera certainement sentir, surtout avec la flambée des coûts des aliments pour bétail. Ces précipitations permettront la repousse des pâturages, ce qui réduira la nécessité de recourir aux aliments concentrés et fourrages achetés et soulagera la bourse des éleveurs. Sur le long terme cela pourrait également contribuer à stabiliser, voire faire baisser, le coût de la viande et des produits laitiers. Mais on ne peut pas en dire autant pour les céréales d’automne. L’impact de ces précipitations demeure limité, du fait que leur cycle de production, notamment la levée et le tallage, a coïncidé avec la période de déficit hydrique. Bien évidemment, ces précipitations auront un effet appréciable sur les réserves en eau des barrages, sur la réalimentation des nappes phréatiques, et aussi sur les cours d’eau appelés communément «petites et moyennes hydrauliques». En effet, d’importantes quantités de neige dont le cumul dépasse les 55 cm sont tombées sur certaines hauteurs de la province d’Azilal rien qu’au cours de la première décade de ce mois de mars, accompagnées de pluies dans les différentes localités de la région, dont le cumul moyen de la campagne agricole en cours 2024-2025, enregistré à la date du 11 mars 2025 au niveau de la région, s’élève à 189,6 mm contre 114,6 mm à la même période de la campagne écoulée, soit une amélioration de +65,5%. Toutefois, le volume cumulé reste en deçà de celui d’une année normale à cette période, qui est de l’ordre de 220 mm (-13,8%). Il est également à signaler l’optimisme qui règne après ces précipitations quant à l’amélioration des taux de remplissage des deux barrages desservant les périmètres d’irrigation de la région, à savoir Bin El Ouidane et Chahid Ahmed El Hanssali, sans omettre de signaler l’amélioration des niveaux piézométriques des nappes souterraines fortement atteintes par six années consécutives de sécheresse. Les taux de remplissage des deux barrages restent malheureusement très loin de leurs capacités, avec seulement 6,38% pour Bin El Ouidane et 7,57% pour Chahid Ahmed El Hanssali. Les apports enregistrés entre le 28 février et le 10 mars 2025 sont de l’ordre de 18 millions de m3 pour le premier barrage et de 20 Mm3 d’eau pour le deuxième. Toutefois, les apports cumulés depuis le début de la campagne en cours demeurent faibles et sont respectivement de 118 Mm3 et de 136 Mm3. Il importe de souligner qu’en dépit de la faiblesse des réserves hydriques au niveau des deux barrages, et dans un souci de préserver la campagne agricole en cours notamment, le patrimoine arboricole et la réalisation des cultures stratégiques telles que la betterave sucrière et les céréales de multiplication, l’ORMVAT, en collaboration avec les acteurs impliqués, a lancé un processus d’irrigation dans le périmètre irrigué du Tadla, en accordant trois lâchers d’eau d’irrigation pour la zone des Béni Moussa desservie par le barrage Bin El Ouidane et un lâcher d’eau pour le périmètre des Béni Amir dominé par le barrage Chahid Ahmed El Hansali.