Le Comité national du Codex alimentarius (Cnca) et la Fao espèrent l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques visant à améliorer la qualité sanitaire de l’alimentation de rue qui cause énormément de maladies.
Par Justin GOMIS – Il y a de quoi se préoccuper de la sécurité sanitaire des aliments vendus dans les rues à cause des maladies qu’ils provoquent. «Cette activité souffre d’un réel problème d’encadrement empêchant de tirer tout le potentiel de ce secteur tout en garantissant la protection de la santé publique», alerte Pr Amadou Diop. Selon le président du Comité national du Codex alimentarius (Cnca), «plus de 200 maladies d’origine alimentaire ont été répertoriées, allant des cas les plus simples comme une diarrhée à des cas plus complexes (diabète, cancers…). Chaque année, 600 millions de personnes tombent malades après avoir consommé des aliments contaminés, et 420 000 en meurent». Selon les chiffres de l’Oms qu’il a partagés, en 2015, il y a eu 137 mille décès, soit un tiers de la mortalité mondiale, dus aux maladies d’origine alimentaire. «L’Afrique perd 5, 7% à 7, 1% d’années de vie en bonne santé à cause des diarrhées d’origine alimentaire», rajoute Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments au Bureau pour l’Afrique de l’Ouest de la Fao.
Ces acteurs s’exprimaient avant-hier au cours de l’atelier de validation du diagnostic de la restauration de rue et de l’élaboration des documents de référence. Une situation qui avait même amené la Fao à organiser un atelier «de renforcement de la capacité de réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments et amélioration de la qualité sanitaire de l’alimentation de rue au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, dans la finalité d’obtenir une amélioration durable du fonctionnement des institutions en charge de la surveillance et du contrôle de l’alimentation de rue, de la qualité sanitaire des denrées alimentaires vendues sur la voie publique, de la réponse aux urgences de sécurité sanitaire des aliments au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal», a-t-il rappelé, sans oublier de mentionner les efforts consentis par les autres partenaires dans ce sens.
Mais de l’avis du Pr Diop, cette situation trouve son explication dans la concentration des activités économiques dans nos villes. «L’environnement socio-économique des villes africaines est caractérisé par un développement remarquable de la restauration de rue favorisée par la concentration des activités économiques, commerciales et de services dans les villes qui offrent dès lors plus d’opportunités qu’en milieu péri-urbain ou rural», explique-t-il. Cette concentration humaine, ajoutée aux activités économiques localisées dans des endroits mitoyens, oblige les travailleurs à se restaurer hors du domicile familial. «C’est ainsi que s’est développée la restauration de rue dans les grandes agglomérations au niveau de tous les lieux accueillant du public. Ce secteur, qui produit des aliments et des boissons prêts à être consommés, préparés et/ou vendus par des vendeurs, spécialement dans les rues et dans les autres lieux publics similaires, est une composante-clé de l’économie informelle au Sénégal. Elle joue un rôle crucial dans la vie quotidienne de nombreuses catégories socio-professionnelles, offrant non seulement une source de nourriture abordable et accessible, mais aussi une opportunité économique pour de nombreux acteurs privés», analyse-t-il.
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